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Introduction

Brouiller la généalogie d’un enfant n’est pas sans conséquence

Pour se construire, et pour trouver sa place dans la société, l’enfant doit avoir une claire lisibilité de ses origines. Le fait de lui faire croire – comme le prévoit le projet de loi – qu’il descend de deux hommes ou de deux femmes, c’est introduire un brouillage dans sa généalogie. Les enfants adoptés dépensent une énergie considérable pour retrouver leurs origines biologiques et « recoller » ainsi à leur histoire. Priver l’enfant d’un père ou d’une mère, c’est le privé d’un pan entier de son origine.

 

Fille ou garçon ? ce n’est pas un détail !

Le fait de naître garçon ou fille, n’est pas un donné négligeable dans la construction de l’identité. Cela fait partie de la réponse à « Qui suis-je ? ». Sans réponse claire à cette question, il y aura difficulté à se construire et à se situer par rapport à d’autres. Priver l’enfant d’un père ou d’une mère, qui sont les premiers modèles de l’enfant, c’est rendre cette construction plus difficile. A l’heure où l’on met l’accent sur le développement personnel, le déploiement des compétences, il est absurde de mettre de côté le caractère sexué de la personne, élément fondamental de son identité.

 

Le principe de précaution, c’est aussi pour les êtres humains !

Principe de précaution, études, bien de l’enfant : le législateur ne saurait fonder sa décision sur des études dont le caractère scientifique est douteux ou sur la pression de lobbies. S’il y a un domaine dans lequel le principe de précaution doit s’appliquer, c’est bien dans celui de l’humanité la plus fragile, l’enfance. Il semble que l’idéologie prenne aujourd’hui le pas sur la réflexion éthique et ce n’est pas acceptable. La Convention internationale des droits de l’enfant stipule en son article 3.1 : « Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu’elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale. »

L’homme n’est pas une mère comme les autres
« La reconnaissance dans la loi de deux parents du même sexe reviendrait à dire qu’elle [la différence des sexes] n’existe pas ou qu’elle ne compte pas. Au nom de la théorie des genres, nous sommes en train de faire disparaître les hommes et les femmes. »

« L’homme n’est pas une mère comme les autres. Les interactions avec la mère sont radicalement différentes de celles avec le père.»

Pierre Lévy-Soussan, pédopsychiatre – Le Figaro, mercredi 3 octobre 2012

« L’enfant se retrouvera face à une énigme sexuelle. C’est pourquoi ceux que j’ai reçus étaient en général agités. Dans l’incapacité de relier conception de la sexualité et tendresse parentale, ils ne trouvaient pas de solution dans leur fonctionnement psychique.

Maurice Berger, chef de service en psychiatrie de l’enfant, CHU Saint Etienne.
– Le Figaro, mercredi 3 octobre 2012

 

« L’enfant souffre aujourd’hui d’un statut d’objet de consommation. Autoriser l’adoption à des couples dont la sexualité n’est pas destinée à la procréation accentuerait ce statut. »

Aldo Naouri, pédiatre
– Le Figaro, mercredi 3 octobre 2012

Une révolution anthropologique
« La question est de savoir si la loi peut dire qu’un enfant est issu de deux pères et de deux mères. Ce serait une révolution anthropologique. Pas seulement pour les enfants élevés par des couples homos, mais pour tous les enfants. »

« Dire à un enfant qu’il est né de la relation amoureuse de deux adultes du même sexe, c’est introduire un faux dans sa filiation. Plaquer un mensonge sur son origine. »

« Aujourd’hui, c’est différent. Aucune loi n’assène aux enfants des familles homoparentales que leur situation est banale, alors qu’ils savent très bien qu’elle ne l’est pas. »

« Aujourd’hui, ils [les enfants] peuvent accepter la complexité de la vie affective de leur père ou de leur mère. Malheureusement, le projet de loi risque de brouiller les cartes. »

Christian Flavigny, Pédopsychiatre (Salpêtrière)
– Le Figaro, mercredi 3 octobre 2012

 

« Tous les bricolages génétiques sont sources de perturbation. L’enfant devra démêler une question difficile. Celle d’être le produit du désir de deux personnes qui ne peuvent pas engendrer. Dans cette situation, comment arrivera-t-il à définir qui il est ? »

« On nous dit que les enfants élevés par des couples homosexuels ne vont pas plus mal que les autres. Mais sur la base de quelles études, de quels chiffres ? De plus, ces études ne font pas la différence entre des enfants issus d’une procréation médicalement assistée, adoptés, nés par mère porteuse… Des situations pourtant différentes. »

Jean-Pierre Winter, psychanalyste
– Le Figaro, mercredi 3 octobre 2012

Un bricolage généalogique
« Les partisans du mariage homo entretiennent la confusion sur les études concernant le devenir des enfants. Or, il est impossible d’en tirer des conclusions claires, car la majorité d’entre elles mêlent trois situations différentes : les enfants nés dans des familles hétéros, où un des parents a changé ensuite d’orientation sexuelle ; les enfants adoptés par des couples homos ; et ceux nés après une PMA ou une gestation pour autrui (GPA). Sur ce dernier exemple, j’ai de fortes réticences appuyées sur mon expérience de soignant. En effet, que l’on passe par une fécondation artificielle – comme si le spermatozoïde était un organe comme un autre – ou par une mère porteuse – qui va disparaître de la filiation -, on aboutit à un « bricolage généalogique ». Avec une conséquence essentielle : ces enfants se posent en permanence des questions sans réponse, ce qui leur crée de graves difficultés lorsqu’ils veulent fonder leur propre famille. Concernant l’adoption, il faut être conscient que si on admet, par la loi, ce qui était jusqu’à présent accidentel (un père mort, une mère folle…), on généralise l’exceptionnel, on coupe sciemment – et légalement – un enfant de ses origines. Il s’agit d’une mutation anthropologique majeure. »