La crise de l’identité communiste

 

 

Les premiers indices d’une crise profonde du communisme ouest-européen sont liés à deux dates : 1956 et 1968.

Le “rapport secret” de Khrouchtchev et la révolution hongroise de 1956 n’ont cependant touché que certains secteurs du peuple communiste : les intellectuels, et les compagnons de route.

La crise ouverte par l’invasion de la Tchécoslovaquie en 1968 est plus complexe, pour beaucoup de communistes !

Le printemps de Prague représentait une tentative de modernisation et d’humanisation du communisme ; la critique de l’union des républiques socialistes soviétiques par certains Partis communistes (français, finlandais, etc…) a constitué un premier accroc de taille sur l’un des éléments essentiels de l’identité communiste : la fidélité à l’URSS (union des républiques socialistes soviétiques).

Cependant, cette première alerte, a été rapidement masquée par un brusque regain de l’influence communiste.

 

  Le regain de l’influence communiste :

Voici, comment Mathieu Laine, l’homme politique libéral, et conseiller actuel d’Emmanuel Macron, a expliqué le regain de l’influence communiste :

“L’évolution des scores électoraux de la fin des années soixante, à la fin des années soixante-dix, montre un net regain de l’influence du communisme en Europe occidentale.

C’est en 1973, qu’en Norvège, l’extrême gauche unie – Parti communiste compris – obtient ses meilleurs résultats (11.2 % des voix et 16 députés).

En Belgique en 1976, le Parti communiste belge est considéré comme une formation politique montante susceptible d’attirer près de 7 % des électeurs.

Au Danemark, le PC atteint son maximum en 1975 (4.2 % des voix) !

En Finlande, les années 1970-75, marquent un net redressement électoral du Parti communiste.

En France, les années 1977-78 se signalent par une bonne stabilisation des voix communistes aux élections et par de remarquables succès en ville et en siège aux municipales de 1977 et aux législatives de 1978.

En Italie, c’est en 1976, que le Parti communiste italien, atteint son record historique de 34.4 % des voix.

 

Ce regain d’influence semble dû à un regain des radicalités, articulé autour de l’année 1968.

On assiste d’abord à la réactivation de vieilles radicalités sociales qui se manifestent dans une grande combativité des salariés, particulièrement nette en France en 1968, et en Italie en 1968-70.

La guerre du Viêtnam, l’apparition de nombreux mouvements de libération nationale, la Révolution culturelle chinoise, en maintenant à un haut degré le rayonnement des utopies révolutionnaires, entretiennent la radicalité idéologique, dont le mouvement étudiant est le principal porteur.

La lutte démocratique et modernisatrice dans les derniers régimes autoritaires et archaïques d’Europe occidentale – en Grèce, en Espagne, et au Portugal – réactive la portée politique de l’antifascisme, tout comme la lutte contre l’entrée dans la communauté économique européenne.”

Les pays d’Europe occidentale, leur idéologie, leur structure, et leurs liens internationaux, pouvaient préserver la pureté du projet communiste, empêcher toute tentation sociale-démocrate ou révisionniste, et se plaçaient en situation d’extériorité à leur société.

 

Or actuellement, l’idéologie ne mobilise plus, et à l’inverse semble dépassée ou passe pour dangereuse, “le système communiste mondial”, comme les partis communistes sont dévalorisés et l’articulation entre partis communistes et sociétés ne se réalise plus comme auparavant, parce que les bases sociales se réduisent comme peaux de chagrin, les aspirations et les valeurs changent avec, entre autres, une velléité plus forte d’intégration sociale, une modification de la nature des conflits sociaux et politiques.