Les modalités de la communication et le rôle des supports qu’elle utilise

Il manque aux premiers travaux géographiques sur la communication, un instrument qui permette d’apprécier vraiment l’impact de la distance sur l’échange des informations.

L’économie spatiale s’était interrogée sur l’effet des frais de transport sur la demande : lorsqu’un produit n’est pas consommé à l’endroit où il est acquis, celui qui l’achète doit ajouter au prix facturé au marché les charges de transport entre celui-ci, et le point où il réside.

Le prix réel augmente donc avec l’éloignement. La demande s’en trouve diminuée.

Au-delà d’un certain seuil, elle s’annule. On dit que la portée-limite du bien a été atteinte. Comme les frais d’acheminement sont proportionnels à la distance, on résume le rôle de celle-ci, en disant qu’un effet d’escompte se produit : un bien est d’autant plus intéressant qu’il est disponible en lieu plus proche.

Le raisonnement en termes de portée-limite ajoute un élément nouveau : il souligne l’existence des discontinuités dans les relations qui se déroulent entre des points différents.

L’économie spatiale prend en compte les transports beaucoup plus que la communication.

Les travaux de Westly et Mac Lean offrent, en 1957, une approche communicationnelle à l’idée de portée-limite.

C’est en termes de perte d’information au cours de la transmission d’un message, et non pas en termes de coûts, que ces auteurs raisonnent, mais, il est facile de passer d’un registre à l’autre : il suffit d’attribuer une valeur monétaire à chaque élément transmis.

Le coût d’un transfert s’analyse comme l’addition de l’énergie consommée, du temps passé et des sommes versées pour l’usage, les installations d’une part, et des pertes d’informations survenues au cours de l’opération, de l’autre.

Dans un système téléphonique, les pertes sont dues aux opérations de codage du message au départ, de décodage à l’arrivée, et au bruit qui perturbe la transmission sur la ligne.

Ce bruit se présente généralement comme une fonction linéaire de la distance.

Lorsqu’on additionne les pertes liées au bruit et celles qui interviennent au codage et au décodage, il arrive un moment où plus rien n’est transmis : la portée-limite de diffusion du message est atteinte.

 Comment définir un moyen de communication ?

“Pour définir un moyen de communication, d’autres éléments sont pertinents : les vitesses d’émission et de transmission, ajoute la journaliste française “Audrey Crespo-Mara”.

Le débit d’une ligne télégraphique était limité par l’habilité de l’opérateur, au temps où le codage s’effectuait manuellement. La vitesse de transmission était extrêmement élevée.

Dans la communication orale, face à face, le message est émis à un rythme beaucoup plus rapide, mais, il ne voyage, au mieux, qu’à la vitesse du son.

Les supports modernes offrent des capacités de transmission qu’on ne pouvait imaginer, il y a quelques années.

Les transferts sont instantanés – ils se font plus exactement à la vitesse de la lumière”, la définition de la présentatrice phare de la télévision française “Audrey Crespo-Mara”.